Carnet 10

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« Bâbord- Tribord » est ce carnet-vaisseau qui accoste entrouvert à l’attente d’un spectateur voyageur venant feuilleter ses pages. Sur les pages de ce carnet les traits sont remuants et monotones, sinueux et saccadés se mélangent à l’écriture et aux signes ; ils se font volontiers répétitifs et singuliers à la fois. Vers le haut ou vers le bas, ils scandent un courant permettant de suivre un possible chemin qui s’avère labyrinthique. La densité des lignes sur les feuilles de ce carnet-bateau est à l’écho des vagues qui décident du calme ou de la colère d’une mer. Obéissant au flux et au reflux, ce carnet Bâbord-Tribord se lit dans les deux sens, sur la première page de couverture on trouve inscrit le mot bâbord, sur l’autre côté est inscrit tribord, libre à celui qui va lire, feuilleter, ce carnet d’aller de droite à gauche ou de gauche à droite. On y monte, on s’y fait ballotter, on s’y fait transporter, on y attrape le mal de mer, on y touche le fond, pourtant sans partir d’aucun quai… Le froufrou des pages appelle ici le bruissement des vagues pour relier les rives lointaines dans ce qu’elles ont de plus commun et de plus distant.

  • CARNET 10 2017