De main en main

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Le « couffin » constitue pour le détenu et sa famille un défi à la séparation. Préparé avec affection, il est chargé de messages souvent non-écrits : les plats envoyés ne sont pas un simple ensemble d’éléments nutritifs mais une alchimie spécifique pour transmettre le mieux possible, sentiments et pensées.

Il s’avère qu’au moment de vérification à l’entrée de prison, l’intrus dans ce rituel, le geôlier, va bafouer et défigurer avec ses mains cette « offrande » livrée à des gestes agressifs et des manières déplaisantes. A la recherche d’un possible message confiné, par la crainte d’un objet dissimulé, elle sera découpée, écrasée et broyée entre les doigts du gardien ; et c’est là, dans ce jeu de mains, qu’on passe de l’amour à la négligence, de l’envie au dégoût, du respect au mépris, de l’espoir au désespoir…

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The “koffa” is for the prisoner and his family a challenge to separation. Prepared with affection, it is loaded with unwritten messages: the dishes sent are not a simple set of nutrients but a specific alchemy to best convey feelings and thoughts.

It turns out that at the checkpoint of the prison entrance, the intruder in this ritual, the jailer, will mock and disfigure with his hands this “offering”, indulging in aggressive gestures and unpleasant ways. In search of a possible confined message, and out of fear of a hidden object, the food will be cut, and crushed between the fingers of the guardian; and it is there, in this game of hands, that one transits from love to negligence, from envy to disgust, from respect to contempt, from hope to despair…